La jalousie est-elle un de nos pires ennemis ?

« Notre pire ennemi est l’histoire inconfortable que nous nous racontons »

La jalousie est un sujet difficile. Qui a envie de se reconnaître jaloux ? Franchement, c’est pour les autres, pas pour soi. « J’approche la soixantaine, est jusqu’à récemment, je n’ai pas rencontré cette émotion. Puis un voile s’est déchiré dans mon for intérieur. C’est très douloureux ! » me confiait une amie.

De mon coté, j’ai gardé le souvenir d’avoir lu notamment dans les livres de Napoléon Hill, que la jalousie faisait partie des 7 cavaliers mortels, ceux qui dans les croyances de l’époque, empêchaient la réalisation de soi. Il écrivait que la jalousie est une forme d’insanité.

Aujourd’hui, la jalousie est reconnue comme une émotion et comme telle, elle vient nous parler d’un besoin et/ou d’une limite non entendus. Elle n’est pas un défaut moral, mais un signal psychique. Elle dit « j’ai peur de perdre ce que j’ai ». Dans le rapport amoureux, elle dit plus spécifiquement, dans une première acception « je tiens à toi, je t’aime »

Dans la vie de tous les jours, la jalousie s’origine souvent dans la petite enfance, dans la fratrie ou à l’école. Notamment par la rivalité de l’attention parentale ou de l’enseignant, la comparaison, ou le manque de reconnaissance. En tant que frère ou sœur ou camarade de classe, étais-je celui qui prend place, celle qui était la préférée ?

La jalousie comme boussole

En effet, derrière la jalousie se cache une magnifique opportunité. Elle est révélatrice d’un désir profond. Ce n’est donc pas négatif, au contraire. Elle montre juste que là où l’on se compare, on se perd. Trouver son besoin légitime qui cherche à s’exprimer. Est-ce de la reconnaissance ? De la Sécurité ? De la légitimité ?

Il ne s’agit pas de supprimer la jalousie, mais de trouver une nouvelle posture intérieure, comme accueillir sans se juger, se réapproprier son chemin singulier, différencier sa « valeur personnelle » de la « performance visible », accepter qu’il y ait du désir et donc également du manque.

Des questions à se poser, quand on est sortie du déni et qu’on reconnaît que la jalousie est présente : Comment la rendre pensable ? Qu’est-ce que l’autre a que je voudrais ? Dans quel domaine je me sens « moins que » ? Ai-je peur de ne pas être reconnu, de ne pas exister, d’être remplacé ? Cette sensation m’est-elle familière ? A qui cela me fait penser dans mon enfance ? Quelle était ma place au sein de ma famille ?

Pour réguler les conséquences de l’émotion de jalousie, il est possible de :

  • ressentir corporellement une contraction, de l’agitation et/ou de la chaleur, alors je peux respirer lentement, m’ancrer, recherche de la détente corporelle
  • travailler sur sa différenciation en listant ce qui m’appartient, comme mes qualités, mon style et ce qui appartient à l’autre, pour mieux sortir de la confusion d’identité
  • vivre dans la comparaison « il est différent de moi », ce qui m’indique une possibilité, plutôt que « il est mieux que moi », que l’on peut transformer par « il incarne quelque chose que je peux développer à ma manière ». Donc ce que j’admire chez l’autre, comment puis-je le développer à ma façon avec qui je suis. Quel est le plus petit pas possible que je puisse réaliser pour aller vers mon désir ?
  • effectuer une visualisation symbolique d’une scène d’enfance où vous retrouvez votre place, sortirez de la compétition pour entrer dans la différenciation
  • passer de la concurrence à la spécificité de votre être

Quand je me sens jaloux, c’est un accès direct à l’enfance, et ses vieilles stratégies de plaire, rivaliser, se retirer... C’est désirer être reconnu, admiré, légitimé, avoir plus de succès… Quand le lien peut se faire avec une scène de l’enfance, il est conseillé de se dire : « dans cette situation précise de mon enfance, j’aurais eu besoin d’être encouragé, rassuré, vu, entendu, reconnu... ». Puis de se dire intérieurement, ou à voix haute -c’est toujours plus puissant-, « Tu es à ta place et moi je suis à la mienne, et je reprends ce qui m’appartient ».

Cette prise de conscience permet de sortir de la honte, transformer l’émotion de jalousie en information, nettoyer le passé sans s’y enfermer, retrouver sa singularité. Le plus souvent elle nous indique une qualité que l’on ose pas incarner, une direction que l’on n’assumes pas encore, une version possible de soi-même. Je peux passer de « être le meilleur » à « être pleinement moi ». La jalousie ne parle pas de l’autre. Elle parle de moi et de ce qui cherche à naître en moi ».

« Ce que je ressens n’est pas un problème, c’est un chemin vers moi »


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